Les origines et fondations de la Ville
Le Troncq est une petite commune rurale de l’Eure, en Normandie, dont les origines remontent au Moyen Âge. Son nom apparaît dans les textes dès la fin du XIIe siècle sous différentes formes dérivées du mot ancien tronc, désignant une souche d’arbre restée en terre, témoignant d’un territoire autrefois fortement boisé.
Au fil des siècles, le village s’est développé autour de son église Saint-Pierre et de ses terres agricoles, conservant son caractère paisible et son patrimoine rural. Aujourd’hui, Le Troncq perpétue l’identité des villages normands traditionnels, entre histoire, nature et qualité de vie.
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Le Troncq aujourd’hui
Population
Nombre habitants : 176
(dernier recensement février 2026)
Superficie
4.59 km²
Intercommunalité
- Canton de : Le Neubourg
- Communauté de communes du pays du Neubourg
Cadre de vie
Commune rurale et environnement préservé
Histoire du Troncq
Le patrimoine du Troncq témoigne de plusieurs siècles d'histoire locale. L'église Saint-Pierre, située au cœur du village, constitue l'un des principaux repères historiques de la commune. Remaniée au fil des époques, elle conserve le caractère sobre et authentique des édifices religieux ruraux normands. Son architecture et son environnement participent à l'identité du bourg et rappellent l'importance qu'occupait la vie paroissiale dans les campagnes d'autrefois.
Le territoire communal abrite également le domaine du Troncq, dont l'histoire est liée aux anciennes familles ayant marqué la vie locale. Entouré d'un paysage typiquement normand, ce domaine contribue au patrimoine bâti et paysager de la commune. Les chemins ruraux, les haies bocagères et les espaces naturels qui l'entourent témoignent d'un cadre préservé où l'agriculture a longtemps façonné les paysages.
Au fil des générations, les habitants ont su préserver ce patrimoine tout en accompagnant l'évolution du village. Aujourd'hui encore, Le Troncq conserve de nombreux éléments caractéristiques des communes rurales de Normandie : bâtiments anciens, paysages agricoles, vergers et traditions locales. Cet héritage constitue une richesse précieuse qui participe au charme et à l'identité de la commune.
Patrimoine et cadre de vie
Le patrimoine du Troncq s’inscrit dans un environnement calme et verdoyant. L’église Saint-Pierre, les bâtis traditionnels, les espaces naturels et les paysages agricoles constituent des repères importants de la commune.
Entre patrimoine bâti et cadre de vie rural, Le Troncq conserve une atmosphère de village où proximité, tranquillité et qualité de vie occupent une place essentielle.
Histoire, patrimoine et mémoire d’un village de l’Eure
Le Troncq est un petit village rural du plateau du Neubourg, dont l’histoire s’inscrit dans un paysage ancien marqué par l’église Saint-Pierre, l’if à la Vierge, le domaine du château, son colombier, son parc et les traces de la vie rurale.
Une commune à forte identité patrimoniale
Situé dans le département de l’Eure, en Normandie, Le Troncq appartient au territoire du Pays du Neubourg. La commune s’étend sur environ 4,59 km2, à une altitude comprise entre 133 et 159 mètres.
Aujourd’hui, Le Troncq compte environ 171 habitants. Cette population relativement modeste ne doit cependant pas faire oublier la richesse historique et patrimoniale du village. En quelques centaines de mètres, on y retrouve l’église Saint-Pierre, le cimetière ancien et son if à la Vierge, le domaine du château, le colombier, le parc et le four à pain.
Le village conserve ainsi une part importante de son identité ancienne. Il constitue un témoignage particulièrement intéressant de l’histoire rurale, religieuse et seigneuriale de l’Eure.
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Les origines du nom « Le Troncq »
Le nom du village est très ancien. Les formes anciennes connues remontent au Moyen Âge. Le lieu apparaît notamment sous la forme Truncus en 1199 et 1210, puis sous différentes formes au cours des siècles : Truncatum, Le Trunc, Tronqt, Le Tronq et enfin Le Troncq.
L’origine linguistique généralement retenue est liée à l’ancien français tronc, désignant notamment la souche ou le tronc d’un arbre abattu. Une tradition locale associe cependant également le nom du village au très vieil if du cimetière, au coeur duquel se trouve une ancienne statue de la Vierge.
Il faut donc distinguer les deux éléments : l’étymologie renvoie au vieux mot tronc, tandis que la présence exceptionnelle de l’if et de la statue de la Vierge a nourri une belle tradition populaire contribuant encore aujourd’hui à l’identité du village.
Le Troncq au Moyen Âge
Le Troncq est mentionné dans des documents médiévaux dès la fin du XIIe siècle. À cette époque, le territoire appartient à un monde rural organisé autour des paroisses, des terres agricoles et des seigneuries. La vie du village s’organise alors autour de l’église, du cimetière, des exploitations agricoles et du domaine seigneurial.
Les Archives départementales de l’Eure conservent notamment des documents concernant les terres féodales appartenant à l’abbaye de la Croix-Saint-Leufroi, parmi lesquelles sont mentionnées des terres situées au Troncq. Cette présence dans les documents féodaux montre que Le Troncq s’inscrit très tôt dans le réseau des possessions et des pouvoirs religieux et seigneuriaux de la région.
L’église Saint-Pierre, un témoin du Moyen Âge
L’église Saint-Pierre constitue l’un des plus anciens monuments du village. Une partie importante de l’édifice remonte au XIe siècle. Elle conserve notamment un choeur roman à absides ainsi qu’une partie du mur nord de la nef, dont la maçonnerie présente le remarquable appareillage en arêtes de poisson, caractéristique de certaines constructions anciennes de Normandie.
L’église a ensuite évolué au cours des siècles. Au XVIe siècle, le mur sud et la façade occidentale ont été remaniés. Des contreforts ont été ajoutés et de nouvelles ouvertures ont été aménagées. Le portail en plein cintre que l’on voit aujourd’hui a été refait en 1792, à la veille ou au tout début de la période révolutionnaire.
L’intérieur conserve également des éléments remarquables : du mobilier du XVIIIe siècle, une statue de saint Pierre provenant de la chaire, en albâtre, datée du XVe siècle, un retable, un tableau représentant une Vierge à la grappe, ainsi que plusieurs éléments de mobilier religieux. L’église Saint-Pierre n’est donc pas seulement un lieu de culte : elle constitue un véritable document architectural racontant plusieurs siècles d’histoire.
L’if à la Vierge, arbre emblématique du Troncq
À l’entrée du cimetière, devant l’église, se trouve l’un des éléments les plus singuliers du patrimoine communal : le vieil if à la Vierge. Cet arbre est remarquable par son ancienneté et par la présence d’une statue ancienne de la Vierge installée dans son tronc.
Un document consacré aux arbres remarquables, publié en 1929, donne une description particulièrement intéressante de l’if du cimetière du Troncq. L’auteur indique alors que l’arbre est encore vigoureux malgré certaines branches mortes. Son tronc est entièrement creux, sa périphérie est estimée à environ 4,19 mètres et sa hauteur à environ 17 mètres.
Concernant son âge, l’auteur estimait, vers 1930, que l’arbre pouvait avoir entre 500 et 700 ans. Cette estimation montre qu’au début du XXe siècle déjà, les habitants et les spécialistes considéraient cet if comme un arbre exceptionnel.
L’if et son environnement ont bénéficié très tôt d’une protection patrimoniale. Le 27 mai 1926, l’ensemble formé par l’église, le cimetière et l’if, ainsi que plusieurs arbres et plantations du site, a été classé au titre des sites. L’if du Troncq est ainsi devenu l’un des symboles les plus forts de la commune.
La statue de la Vierge
La statue installée dans le tronc de l’if est une curiosité exceptionnelle. Il s’agit d’une représentation ancienne de la Vierge, probablement de la fin du Moyen Âge ou du début des Temps modernes.
Les textes disponibles ne permettent pas de déterminer avec certitude à quelle époque et pour quelle raison la statue a été placée dans le tronc de l’if. Cette absence d’explication certaine laisse une place importante à la tradition et à la mémoire populaire. Au fil des générations, l’arbre, la statue et l’église ont formé un ensemble indissociable dans l’imaginaire du village.
Le domaine du château du Troncq
Le château constitue l’autre grand élément historique du village. Le fief du Troncq est acquis vers 1514 par Gilles Le Cordier, peu après son anoblissement. Cette acquisition marque le début d’une longue période durant laquelle le domaine demeure dans la famille Le Cordier.
La famille Le Cordier occupe une place importante dans l’histoire de la noblesse normande. Plusieurs de ses membres furent notamment liés aux institutions judiciaires et administratives de la Normandie. Le domaine du Troncq reste dans la même famille jusqu’en 1742. Il passe ensuite aux Savary, puis est acheté en 1787 par la famille de La Haye. Ainsi, à la veille de la Révolution française, le domaine du Troncq est toujours une importante propriété seigneuriale.
Un château transformé au fil des siècles
Le château actuel est le résultat de plusieurs campagnes de construction et de transformation. Le domaine conserve un ensemble architectural en brique et pierre, caractéristique de l’architecture normande des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Le corps principal du château appartient notamment à la tradition architecturale Louis XIII.
Une aile en retour est ensuite ajoutée au XVIIIe siècle. Au XIXe siècle, le domaine connaît encore plusieurs transformations. Entre environ 1890 et 1925, un industriel d’Elbeuf devient propriétaire du domaine et entreprend d’importants travaux. Des extensions sont réalisées, notamment dans un style néo-Louis XIII.
Une nouvelle entrée est également aménagée avec un pavillon, une grille d’honneur et une grande perspective correspondant à l’avenue de tilleuls. Les photographies anciennes permettent aujourd’hui de garder la mémoire de cet ensemble architectural et de comparer l’aspect du domaine d’autrefois avec celui que nous connaissons aujourd’hui.
Le colombier, témoin de l’ancienne seigneurie
Parmi les bâtiments anciens du domaine se trouve un remarquable colombier octogonal en brique et pierre. Sa construction est généralement située dans la seconde moitié du XVIe siècle ou au début du XVIIe siècle.
Le colombier était autrefois un bâtiment important d’un domaine seigneurial. Il servait à abriter les pigeons et témoignait du statut et des droits attachés à la seigneurie. La photographie ancienne conservée est particulièrement intéressante, car elle permet de voir cet édifice dans son environnement historique.
Aujourd’hui encore, ce colombier constitue un élément majeur du patrimoine architectural du Troncq. Il bénéficie d’une protection au titre des Monuments historiques : le colombier a été classé le 26 mars 1999.
Le parc du château
Le château n’est pas isolé : il s’inscrit dans un vaste ensemble paysager. Le parc conserve les grandes lignes d’un aménagement ancien datant notamment du XVIIIe siècle. Les documents historiques décrivent, vers 1780, plusieurs grandes cours plantées d’arbres fruitiers, bordées de rangées de tilleuls et conduisant vers des jardins potagers et d’agrément ainsi que des bosquets.
Cette organisation témoigne de la manière dont les grands domaines ruraux étaient conçus sous l’Ancien Régime. Le parc actuel conserve plusieurs éléments de cette composition historique : l’avenue de tilleuls, la cour d’honneur, les anciens jardins, les vergers, les bosquets, les jardins de l’orangerie, le colombier et différentes dépendances.
Le four à pain et la vie rurale
À proximité de l’église et du domaine se trouve également un élément caractéristique de la vie rurale d’autrefois : le four à pain. Dans les villages normands, le four à pain était autrefois un équipement essentiel de la vie quotidienne. Le pain était un aliment de base et sa fabrication représentait un moment important de la vie familiale et communautaire.
Pendant des siècles, la vie du Troncq a été essentiellement agricole. Comme dans beaucoup de villages du plateau du Neubourg, les habitants vivaient principalement de l’exploitation des terres, de l’élevage et des activités liées à l’agriculture. Le paysage était alors composé de champs, de vergers, de haies, de petits bois et de grandes propriétés agricoles et seigneuriales.
De la Révolution au XXe siècle
La Révolution française bouleverse profondément l’organisation politique et sociale de la France. Le Troncq, comme les autres paroisses du royaume, devient une commune. Un élément particulièrement intéressant demeure : le portail de l’église Saint-Pierre est reconstruit en 1792, année qui correspond au début de la Première République.
Le XIXe siècle est une période de transformations. La société rurale évolue, les techniques agricoles changent, les voies de communication s’améliorent et les villages commencent à connaître les effets de la modernisation du pays. Le domaine du château connaît lui aussi des modifications importantes.
Le XXe siècle apporte de nouveaux bouleversements. La Première Guerre mondiale touche profondément les campagnes françaises. Dans les années 1920, le patrimoine du village fait déjà l’objet d’une attention particulière. En 1925, le conseil municipal entreprend des démarches pour protéger l’ensemble constitué par l’église, l’if, sa statue, le cimetière, sa grille, son muret et ses arbres. Cette démarche aboutit au classement du site le 27 mai 1926.
Les photographies anciennes, une mémoire du village
Les anciennes photographies du Troncq constituent aujourd’hui un patrimoine à part entière. La carte postale ancienne portant la mention « Le Château du TRONCQ » montre le domaine à une époque où l’architecture et le paysage étaient encore très différents de ceux d’aujourd’hui.
La photographie ancienne du colombier permet également de conserver la mémoire de cet édifice remarquable. La planche consacrée aux églises rurales du département de l’Eure constitue quant à elle un témoignage intéressant de l’état de l’église et de son environnement au début du XXe siècle. Ces documents permettent de comprendre comment le village a évolué.
Un patrimoine protégé
Le Troncq possède aujourd’hui un patrimoine bénéficiant de plusieurs niveaux de protection. Le site de l’église et du cimetière avec l’if à la Vierge a été classé comme site en 1926. Le domaine du Troncq bénéficie également d’une protection au titre des Monuments historiques.
Les façades et toitures du château ainsi que le parc ont été inscrits en 1997. Le colombier a été classé en 1999. La protection du domaine a ensuite été complétée en 2021, avec notamment le grand parc, ses portes et ses anciens murs de clôture, ainsi que certaines dépendances.
Le Troncq aujourd’hui
Aujourd’hui, Le Troncq reste une commune rurale à taille humaine. Son identité repose sur un patrimoine exceptionnellement concentré dans le coeur du village : l’église Saint-Pierre, son ancien cimetière, l’if à la Vierge, le domaine du château, le colombier, le parc et ses jardins, le four à pain, les anciennes constructions rurales et les paysages qui entourent le village.
Selon les données de l’INSEE, Le Troncq compte 171 habitants en 2023. La commune appartient à la Communauté de communes du Pays du Neubourg et se situe dans l’aire d’attraction du Neubourg. Malgré sa petite taille, Le Troncq bénéficie d’une notoriété patrimoniale importante.
Transmettre l’histoire du Troncq
Préserver le patrimoine du Troncq ne signifie pas seulement conserver des bâtiments anciens. C’est aussi conserver une mémoire collective. Derrière chaque pierre de l’église, chaque arbre du cimetière, chaque mur du château, chaque dépendance et chaque objet ancien se trouve une partie de l’histoire des habitants qui ont vécu ici.
L’if à la Vierge raconte la relation entre la nature, la foi et les traditions populaires. L’église raconte près d’un millénaire de vie religieuse. Le château raconte l’histoire des seigneurs, des propriétaires et de l’évolution de l’architecture. Le colombier rappelle l’organisation des anciens domaines ruraux. Le four à pain évoque la vie quotidienne des familles et les savoir-faire d’autrefois.
Le Troncq possède ainsi une histoire qui mérite d’être racontée, conservée et transmise. Préserver Le Troncq, ce n’est pas seulement protéger des monuments : c’est préserver l’âme d’un village et la mémoire de celles et ceux qui l’ont construit au fil des siècles.
L’église Saint-Pierre
Un monument ancien dont l’architecture conserve les traces de plusieurs siècles d’histoire religieuse et rurale.
L’if à la Vierge
Un arbre remarquable, associé à une statue ancienne et à une forte tradition locale.
Le château et son parc
Un domaine seigneurial transformé au fil des siècles, au coeur d’un ensemble paysager ancien.
Le colombier
Un témoin de l’ancienne seigneurie, protégé au titre des Monuments historiques.
